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Allocution de Denis Sassou NGuesso au sommet de l'OAEACP

Rédigé le 03/06/2020
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Allocution du président au 1er sommet extraordinaire inter-session des chefs d’Etat et de gouvernement de organisations des États d’Afrique Caraïbes et pacifique (OEACP), ce 3 juin 2020. Ce sommet est à l’initiative du président du Jenya Uhuru Kenyatta.


Messieurs les chefs d'État et de gouvernement des pays membres des ACP, monsieur le secrétaire général des ACP, monsieur le directeur général de l'OMS, je voudrais remercier le président Uhuru kenyatta,  de m'avoir associé à cet important sommet, qui pose entre autres thématiques ; la question de la solidarité internationale dans le renforcement des ripostes nationales et globales à la pandémie de covid-19. 

Je voudrais aussi saluer le secrétaire général des ACP, monsieur Georges Chikotti, nouvellement installé dans ses fonctions, je lui souhaite plein succès dans son activité. 

Je voudrais encore une fois exprimer le soutien de mon pays au directeur général de l'OMS pour le travail important qu'il développe à la tête de cette organisation. Notamment en ces moments très difficiles du développement de la pandémie de covid-19, je me souviens encore du soutien qu'il a apporté à l'Afrique lors de sa présence ici à Brazzaville à l'occasion de la réunion des ministres africains de la santé. Je lui souhaite aussi plein succès dans son travail.

La pandémie de covid-19 a mis l'économie mondiale à l'arrêt et brisée la dynamique de développement dans la plupart des Etats. Surtout en Afrique et dans les États des Caraïbes et du Pacifique.

Ainsi dans le domaine de la santé, l'on pourrait relever les faiblesses des infrastructures sanitaires dans les pays ACP.

J'invite donc à un effort collectif de mise en place de grandes structures modernes dûment équipées et en mesure de desservir les pays par pôles régionaux. Aucun pays ne pourra tout seul, disposer de toutes les infrastructures nécessaires. D'où l'intérêt de s'appuyer sur des projets intégrateurs, financés par exemple en partenariat public- privé dans différents secteurs comme ceux de l'énergie,  des transports ou de l'industrie. 

Pour l'Afrique l'appel pressant exige une riposte globale,  solidaire et coordonnée. Une telle vision requiert la solidarité et le soutien des partenaires techniques et financiers. 

C'est pourquoi,  je salue les conclusions du G20, proposant une suspension du paiement  du service de la dette publique bilatérale des pays de l'association internationale du développement. A ce titre,  j'en appelle à l'élargissement des mesures prises par le G20 à l'ensemble des pays membres des ACP.

Il en est de même des facilités de financement d'urgence du fonds monétaire international dont le bénéfice devrait être exempté devant la gravité de la crise sanitaire au coronavirus,  de la logique inadmissible des contraintes des seuls équilibres macroéconomiques. Et des réponses parfois très sélectives des institutions financières internationales et des bailleurs de fonds. Dans cette optique,  il aide d'énoncer la question des changements climatiques ,  qui participe également de cette même logique et intègre l'ensemble des débats actuels et en perspectives.
Face à la pandémie de covid-19,  le leadership des grandes puissances se reconnaîtra donc au travers du renforcement du multilatéralisme,  seul gage de la relance et de la redynamisation du système international  aujourd'hui gravement mis à mal.

Je voudrais m'associer à l'indignation exprimée par mon frère et ami le président Ramaphosa, président en exercice de l'union africaine face à l'assassinat de George Floydd cette image qui a circulée  dans le monde est ni plus ni moins que le prolongement du drame vécu par des millions de femmes et d'hommes,  arrachés à l'Afrique. Ces images nous les avons vues il n'ya pas longtemps en Afrique Australe et plus  particulièrement en Afrique du sud. Je pense que les peuples du monde condamneront ces actes et appelleront à plus de fraternité et d'humanisme. 

En conclusion avec toutes ces crises économique, financière,  sanitaire,  climatique,  rien ne devrait plus être comme avant dans les modes de production et de consommation.  Bref dans les relations entre les Etats et les peuples.  Toutes ces crises mettent en  tout cas en évidence la nécessité d'une grande solidarité dans la gouvernance mondiale. 
Je vous remercie.